Les Echos | Pour davantage de transparence dans la chaîne alimentaire - 21/08/19

23 août, 2019

Pour Philippe Chatelain, CEO d'Inexto (groupe Impala), il est temps d'utiliser les outils existants pour améliorer l'information des consommateurs, gage d'une relation de confiance durable avec les producteurs.

Fin 2018, 80 % des Français se déclaraient inquiets de la sécurité alimentaire. Cette défiance s'est nourrie d'une succession de scandales fortement médiatisés : crise de la vache folle, scandale de la viande de cheval, taux de dioxine hors-norme dans des volailles, images insoutenables dans les abattoirs... Mais l'augmentation continue et rapide de cette défiance - qui s'observe également dans d'autres pays d'Europe - se traduit aujourd'hui par une transformation profonde et rapide des comportements des consommateurs.

Si le prix reste une variable déterminante de l'acte d'achat, la qualité perçue des produits l'égale dans les arbitrages des consommateurs, tous revenus confondus. Ils s'orientent massivement vers de nouvelles façons de consommer. En témoignent le succès du bio, des « circuits courts », la diminution de consommation de la viande et des régimes « sans ». Les vertus réelles - et parfois fantasmées - de ces nouveaux modes de consommation touchent tous les acteurs.

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Dans leur recherche de produits perçus comme plus sûrs, les consommateurs adoptent deux mécanismes de protection préoccupants qui ne sauraient être considérés comme tout à fait fiables.

Le premier consiste à privilégier systématiquement des produits issus d'une agriculture présentée comme plus « vertueuse ». Cette tendance est parfois soutenue par un marketing opportuniste qui n'hésite pas à agrémenter ses packagings de labels ou mentions fantaisistes, ou à mettre en avant ses « petits » agriculteurs, employés ou sous-traitants locaux. Ces visages, ce storytelling et ces nouveaux critères de vertu d'affichage ne garantissent en rien la plus grande sécurité de la chaîne d'intervention qui mène au consommateur final.

Le second mécanisme de défense voit les consommateurs légitimement s'armer en opposition aux marques qui ne seraient animées que par leurs seuls objectifs mercantiles. Les outils collaboratifs rencontrent ainsi un succès flamboyant, comme Yuka ou INCI Beauty. Mais ces outils auraient-ils pu empêcher la série de scandales cités précédemment ? Les citoyens sont en droit d'attendre plus et mieux des pouvoirs publics, comme des entreprises, pour garantir la traçabilité et la qualité des produits qui leur sont proposés.

Les crises sanitaires doivent tout d'abord obliger les pouvoirs publics à agir. A la suite de la crise de la viande de cheval, Benoît Hamon, alors ministre à la Consommation, avait ainsi fait voter un texte afin d'alourdir les sanctions contre les fraudeurs et de renforcer les contrôles. Pourtant, les budgets en faveur de la sécurité sanitaire des aliments, de la santé et de la protection animales et de la santé des végétaux sont en baisse. Les entreprises doivent, elles aussi, s'organiser pour mettre en place un système vertueux en mesure de les protéger d'effets de mode médiatiques ou d'outils au fonctionnement manichéen.

La forte croissance du commerce illicite va conduire de plus en plus de sociétés et d'entités gouvernementales à mettre en oeuvre des systèmes d'authentification et de traçabilité des produits. Pouvoirs publics et industriels doivent mettre en place des systèmes certifiés, simples d'utilisation et accessibles, qui permettent aux agents de mener au mieux leurs contrôles, aux distributeurs d'identifier les produits susceptibles de poser problème.

Ainsi, des solutions innovantes sont disponibles, qui garantissent une transparence totale sur l'origine, la composition, la qualité et la chaîne de distribution des produits alimentaires et cosmétiques à tous les acteurs, jusqu'au consommateur final.

Ces solutions offrent des instruments d'analyse et d'optimisation performants aux fabricants, tels que la cartographie du cycle complet de vie des produits depuis les fournisseurs de matières premières jusqu'aux distributeurs des produits finis, permettant d'identifier rapidement tout dysfonctionnement ou incident éventuel. Ces solutions garantissent également au consommateur l'accès à l'ensemble des informations lui permettant de faire un acte d'achat.

C'est par cette transparence qu'une relation de confiance durable entre producteurs, distributeurs et consommateurs pourra s'établir.

Philippe Chatelain est CEO d'Inexto (groupe Impala)

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